Pollution
Humain
Environnement
Economique

Vers 10h45, lors d’une remise en gaz suite à des travaux de renouvellement d’une partie de la station d’interconnexion, une explosion suivie d’une fuite de gaz se produit sur une portion de canalisation (609 mm, 80 bar). L’explosion survient vers 20 bar. La détonation est entendue à plusieurs kilomètres à la ronde. Des débris sont projetés jusqu’à 500 m. Le personnel est évacué et la canalisation isolée en amont et en aval. Les secours mettent en place un périmètre de sécurité de 500 m. La circulation routière est coupée.

L’événement donne lieu à un pivotement de la canalisation à 90° et à son sectionnement en plusieurs endroits. Des canalisations annexes sont déplacées, des équipements arrachés et des supportages détériorés. Deux personnes sont blessées légèrement (tympan percé et doigt luxé pendant la chute). Un dispositif de soutien psychologique est mis en place. Les dégâts sont évalués à 1 M€. 86 000 m³ de gaz naturel sont émis à l’atmosphère. L’événement n’impacte pas l’acheminement et la livraison du gaz.

L’accident a eu lieu sur un site d’interconnexion dont le rôle est d’assurer la réception et le traitement du gaz avant régulation de pression et répartition vers différentes artères de desserte régionales. Le site était en travaux de remise à niveau depuis 2020. Le jour de l’accident, une équipe composée d’agents et de sous-traitants était sur site pour remettre en gaz les équipements. Dans un 1er temps, les opérateurs ont injecté du gaz. Puis dans un second temps, un opérateur, situé à une quinzaine de kilomètres, a effectué une montée en pression par manœuvre d’un robinet.

Le bureau d’enquêtes et d’analyses sur les risques industriels (BEA-RI) met en évidence que les risques liés à la remise en gaz n’ont pas été suffisamment pris en compte. Il conclut à une explosion interne d’un mélange air-gaz. La remise en gaz différait du mode opératoire habituel. Une « chasse à l’air » a été effectuée dans un premier temps. C’est lors de la 2e phase, qui consistait en une montée en pression selon plusieurs cycles, que la pression s’est élevée de manière non maîtrisée jusqu’à 20 bar avec présence d’un mélange air/gaz dans certaines parties de la canalisation. L’explosion s’est produit 1 h plus tard. Il s’est avéré qu’à cette pression, l’énergie minimale nécessaire à l’inflammation du mélange air/gaz naturel est très inférieure à celle de la pression atmosphérique (tout comme l’événement ARIA 45217). L’explosivité particulière d’un tel mélange à haute pression n’était pas signalée. Les opérateurs pourtant expérimentés, ont pu dévier des procédures sans identifier un risque particulier.

Immédiatement après l’événement, l’exploitant met en place des mesures conservatoires :

  • attention particulière lors des mises hors gaz ou remise en gaz des installations de volume significatif ou complexes et relecture complémentaire ;
  • sensibilisation globale des opérateurs sur les risques liés à ces phases : la pression est un facteur très aggravant.

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