Pollution
Humain
Environnement
Economique

Vers 16h20, un feu se déclare dans une des 4 cellules d’un entrepôt de 26 000 m². Cette cellule de 6 000 m² appartient à une entreprise de transport et de logistique spécialisée dans le stockage de produits divers, essentiellement des équipements automobiles, et stocke 12 250 batteries automobiles au lithium (technologie LMP : Lithium Métal Polymère). Celles-ci sont des pièces usagées destinées à être diagnostiquées en vue d’une décision de maintenance. Certaines sont stockées depuis 4 ans. Un cariste préparant des expéditions pour le lendemain entend des bruits d’explosion. Il se déplace pour intervenir avec les extincteurs mais le feu est trop important. L’alarme sonore incendie se déclenche au moment où le personnel présent s’approche de la porte de sortie de la cellule, soit 5 min après le début du sinistre. Les employés des différentes cellules sont évacués. L’incendie se propage à la cellule attenante de même taille, stockant 70 000 pneus, et à une troisième cellule contenant du textile et des cartons. Un épais panache de fumée noire se dégage et des explosions sont entendues. Un périmètre de sécurité est mis en place. La combustion du lithium entraînant un dégagement gazeux d’acide fluorhydrique, les pompiers utilisent des équipements de sécurité spécifiques et sortent les aérosols de la 4ème cellule. Ils circonscrivent l’incendie aux 3 premières cellules vers 23h30 à l’aide de lances dont certaines sur échelle. L’exploitant met en place un gardiennage visant à prévenir toute intrusion sur le site. L’extinction se prolonge à l’aide d’eau additivée et de mousse sur les pneumatiques. L’incendie est déclaré neutralisé 2 jours plus tard à 22h30. Les pompiers quittent le site après une semaine d’intervention. Un groupe motopompe branché est laissé sur place en cas de reprise de feu.

L’accès au bâtiment sinistré est interdit. Toutes les activités sont mises à l’arrêt et 165 personnes sont en chômage technique. Les mesures de qualité de l’air ne révèlent pas d’impact sur l’ensemble des substances recherchées. Une société spécialisée pompe les eaux d’extinction confinées dans une rétention pour les évacuer en filière adaptée, ce qui nécessite une noria de camions et dure 15 jours. L’intégralité des marchandises des 3 cellules concernées (dont 892 t de batteries lithium) est détruite. Le système de désenfumage de la 1ère cellule n’a pas fonctionné. Les débris générés par l’incendie sont ramassés et ce, même à l’extérieur du site (mise en place d’un numéro d’appel d’urgence pour les riverains). Des mesures sont effectuées sur les retombées atmosphériques, notamment sur la présence de lithium. Les eaux souterraines sont polluées au lithium.

L’inspection des installations classées relève des non-conformités notamment sur l’incompatibilité et les conditions de stockage. Les systèmes d’extinction et de désenfumage avaient été contrôlés et ne présentaient pas de non-conformités.

L’enquête du BEA-RI montre que l’hypothèse privilégiée du sinistre est un emballement thermique d’un module de batterie LMP. La cause première de cet emballement n’a pas pu être déterminée. Il est recommandé à l’exploitant d’améliorer son organisation en cas de crise, pour assurer ses obligations en matière d’information des tiers et de collaboration avec les services de secours, et de réévaluer périodiquement la pertinence des moyens d’intervention en cas de sinistre en fonction de la dangerosité des matières stockée.

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