Peu avant 1h30, un feu se déclare dans un bâtiment de 7 900 m² destiné au tri automatisé des déchets issus de la collecte sélective. Le bâtiment comprend un hall de réception, une zone de tri mécanisé et un hall aval des déchets sortants. Le feu débute dans le hall aval. Vers 3 h, les canons à eau se déclenchent dans le hall de réception alors qu’il n’y a pas de feu dans cette zone. Les rideaux d’eau au niveau des ouvertures des murs coupe-feu s’activent et la vanne de sectionnement se ferme. L’alarme incendie du site ainsi que celle de la télésurveillance se déclenchent. Alertés par un automobiliste, les pompiers arrivent sur place à 3h36. Le gardien ne s’aperçoit pas tout de suite de leur présence et ne leur ouvre qu’à 3h40. Le foyer est alors déjà important. Les pompiers utilisent un poteau d’incendie public puis un autre hydrant à plusieurs centaines de mètres. Le gardien ne les informe pas que le site dispose d’une réserve d’eau de 380 m³, qu’ils n’utilisent qu’après l’arrivée du responsable du site à 4h35. À 4h08, la bâche de 900 m³ d’alimentation des canons à eaux, des rideaux d’eau et du sprinklage est vide. L’incendie se propage alors à la chaîne de tri puis au hall de réception. La circulation est interrompue sur la D1508 longeant le site et l’échangeur de l’A40 est fermé pendant plusieurs heures, limitant l’accès à la zone industrielle proche. Après plusieurs jours d’arrosage et de noyage des déchets, au cours desquels l’eau d’une piscine municipale voisine de 700 m est utilisée, les pompiers déclarent la fin d’intervention 5 jours après le début d’incendie. L’exploitant continue de surveiller et d’arroser en cas d’apparition de fumées pendant plusieurs jours. En cours d’intervention, les pompiers demandent un appui à la CASU concernant les risques associés aux rejets de fumées d’incendie. Des prélèvements atmosphériques, surfaciques et hydriques sont effectués. Les eaux d’extinction, confinées dans un bassin du site, présentent des teneurs significatives en soufre.
L’événement entraîne la destruction du bâtiment, pour des dommages matériels estimés à 35 M€. Le sinistre a également pour conséquence l’arrêt pour plusieurs années de la possibilité de trier localement les déchets issus de la collecte sélective de 11 collectivités, soit 40 000 t par an, qui sont envoyés dans différents centres de tri en fonction de leur capacité résiduelle disponible. Ces conséquences environnementales, bien qu’indirectes, ne sont pas négligeables.
L’exploitation était arrêtée depuis 2 jours. L’événement serait lié à l’emballement thermique d’une batterie dans les refus de tri. Plusieurs facteurs ont contribué à l’alerte tardive et à la propagation du sinistre :
- défaillance de la surveillance par le gardien qui n’a pas détecté la présence de fumée, ni sur les écrans, ni au cours des rondes avec pointage ;
- défaillance de la télésurveillance qui n’a pas appelé le gardien ;
- défaillance du système d’extinction automatique qui a attaqué la mauvaise zone et a vidé la réserve d’eau (l’entrée en action des canons à eau dans un secteur où il n’y avait pas de feu serait consécutive à la destruction de leur commande électrique ; le maintien à l’arrêt des canons visant le local où le feu semble être dû à leur réglage en mode essai, excluant toute possibilité de démarrage automatique) ;
- problèmes de débit d’eau sur les poteaux d’incendie.
Pour la conception de futurs centres, l’exploitant prévoit de séparer les refus de tri du reste de la chaîne de tri.
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